Donatien LAURENT

Donatien Laurent, de souche brestoise et nantaise – d’où son prénom – est né le 27 septembre 1935 à Belfort d’un père ingénieur polytechnicien, herminé en 1991, et d’une mère grande lectrice et musicienne. Petit parisien à partir de 1940, il s’imprègne de langue bretonne avec les employés bretons de l’école Bossuet, suit les cours de Kerlann à Ker Vreiz puis ceux de philologie celtique de Bachellery à l’Ecole pratique des hautes études. Il apprend parallèlement les danses, la bombarde, le biniou, intègre le groupe scout breton Bleimor avec lequel il découvre le Pays de Galles et l’Ecosse, pays où il retournera pour des stages de cornemuse, participera régulièrement comme membre du jury au festival des cornemuses de Brest, ancêtre du festival interceltique de Lorient.

Les études celtiques ne pouvant faire vivre son homme, il explore d’autres voies, quand un accident assorti de 18 jours de coma le remet sur les rails : études d’ethnologie avec André Leroi-Gourhan, de linguistique avec André Martinet ; puis participation à l’enquête pluridisciplinaire de Plozévet où il est le seul bretonnant et où il rencontrera sa future épouse, Françoise Prigent, alors assistante de recherches à Science-Po. Il entre au CNRS, puis rejoint à Brest Jean-Michel Guilcher et Yves Le Gallo qui venait de fonder le CRBC. Donatien Laurent dirigera ce laboratoire pendant douze ans.

Il n’aura de cesse, tout au long de sa carrière, aidé par un flair extraordinaire, de marier collectes sur le terrain et travaux de réflexion sur documents existants. En témoignent de nombreux articles, interviews, préfaces et autres interventions. Citons la gwerz de Louis Le Ravallec, la gwerz de Skolan et la légende de Merlin, Brigitte accoucheuse de la vierge, Enori et le roi de Brest, mais aussi l’élucidation du calendrier celtique, qu’il dit si étrangement proche de l’ancien calendrier chinois, la compréhension de la Troménie de Locronan, et surtout la publication en 1989 de sa thèse d’Etat : Aux sources du Barzaz Breiz. Tel Viollet-le-Duc élevant sa fantasque flèche au faîte du Mont-Saint-Michel, La Villemarqué a voulu redonner à notre patrimoine chanté, élimé par les siècles, sa vérité et sa vigueur. Pour cela, il en a recueilli les vestiges qui étaient parvenus jusqu’à nous, et leur a insufflé, avec sa sensibilité propre, une nouvelle vie.

Pas de retraite à 60 ou 65 ans pour Donatien Laurent. Il supervise aujourd’hui la publication des manuscrits de collecte de Le Diberder en domaine vannetais. Il reprendra ensuite et achèvera l’édition critique des derniers carnets manuscrits de La Villemarqué.

Il a reçu le Collier de l’Hermine en 2010 à Lorient.

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