Archives de catégorie : Actualités

Hommages à Patrick MALRIEU

Allocution de Catherine LATOUR

Nous ne retracerons pas le parcours de militant culturel de Patrick, qui a déjà été largement évoqué par plusieurs d’entre nous.

Nous évoquerons plutôt la période plus récente durant laquelle il a présidé aux destinées de Skol-Uhel ar Vro depuis 2011, succédant alors à Bernard Delhaye. Patrick accepta cette mission à un moment incertain de l’Institut qui appelait à redéfinir sa vocation.

Nous aimerions donc souligner les capacités de Patrick à coordonner et à stimuler les actions concrètes des adhérents et sympathisants de Skol-Uhel ar Vro. Il savait détecter et mettre en valeur les connaissances et compétences des uns et les autres. À cet égard, citons l’opération « Plante-symbole de la Bretagne » menée par Roland Mogn, responsable de la section Environnement, qui aboutit au choix de l’ajonc.

Si Patrick eut toujours le souci de l’intérêt général de la Bretagne, il sut aussi, dans nombre d’instances institutionnelles et associatives, mettre en évidence le rôle de l’Institut.

Dans le même esprit, nous ne pouvons manquer de mentionner la dernière production de l’ICB, à savoir « Les meubles peints, polychromes et monochromes de Bretagne » d’Yvon Palamour et André Le Bars. Dans ce cas comme dans bien d’autres, il a joint à ses qualités d’organisation les vertus de l’amitié et de la chaleur humaine.

 

Nous partageons avec tes proches la grande tristesse de ton départ.

Nous ne t’oublierons pas,

Kenavo Patrick !

 

 

Poème d’Erwan CORDEAU

Papa Pat

La flamme du feu pour faire chanter la Breizh,
Tu l’avais !
Le souffle du zef pour transmettre les plus belles gwerz,
Tu l’avais !
La persévérance de l’eau pour chercher dans les méandres de la tradition populaire,
Tu l’avais !
Le respect du pays, de la terre, de l’humus et de l’humanité,
Tu l’avais !
La lumière charismatique et l’énergie du soleil dans ta vision et ta passion,
Tu l’avais !
La langue bretonne et les mots du partage, de l’échange et de la conviction,
Tu l’avais !
L’humour du merle moqueur pour ne pas oublier de rire et de ne pas tout prendre trop au sérieux,
Tu l’avais !
L’offre d’amour et d’amitié d’un homme, d’un père, d’un ami, sans compter,
Tu l’avais !
Tu avais beaucoup en toi et à offrir, l’essentiel certainement, mais une chose t’a terriblement manqué !
C’est le temps !
Le temps de te poser, d’écouter le conte qu’on voulait te transmettre qui loue ton œuvre pour la Bretagne, de partager avec tes proches un air vibrant de cornemuse au milieu de la lande, et surtout, d’un dernier, sincère et tendre kénavo…
À toi, mon Papa Pat,
À toi, notre Patrick !

Déces de Patrick MALRIEU

Nous avons la tristesse de vous annoncer le départ de Patrick pour le paradis des Bretons, Doue d’e bardono. Nous associons notre peine et nos prières à celles de sa famille.

Ses obsèques se tiendront ce samedi 12 janvier à 14h 30 pour un office à l’Église de Landévenneg suivi d’une rencontre-hommage à 16h Salle KAER.

La Bretagne vient de perdre un de ses grands défenseurs, rappelons-nous son œuvre et son combat pour les continuer en sa mémoire.

Bilan des Veillées contées de novembre 2018

Cette année encore les 14èmes Veillées Contées de Miz-Du de l’Institut ont continué de faire parler d’elles en divers lieux de Bretagne, comme quoi, reste encore d’actualité ce que l’on en disait l’an dernier : « Tant qu’il y aura quelqu’un pour dire et alors ?  Il y aura toujours des conteurs »

En 2017, l’ami-conteur Jean-Pierre Quirion, le fidèle organisateur des Veillées  Contées de Loire-Atlantique, (7 à son actif cette année encore), nous disait que « le bouche-à-oreille fonctionne toujours » ! Eh bien, cette année encore, on peut dire que là-bas, dans le 44, on a répondu « présent » à l’annonce de cet évènement :

Les Veillées sont de retour

« Avec toujours des assemblées de 20 à 80 personnes dans un lieu chaleureux,

Quelques personnes pouvant conter, dire des anecdotes, chanter, jouer d’un instrument… Pour se faire plaisir, faire plaisir, instruire et distraire.

C’est un jour de novembre à votre choix. Vous pourrez participer à une assemblée ou en organiser une dans votre commune, inviter des voisins, des amis, des concitoyens, pour écouter, échanger, conter, prendre un verre.

 Il y aura un petit air de culture populaire… »

 Pareille annonce ne pouvait qu’y attirer du monde, mais ailleurs en Bretagne on ne peut pas dire la même chose. Les temps changent sans doute car les retombées n’ont pas été les mêmes…Eh oui ! Cette année nous n’en n’avons, globalement, répertoriées que 15 contre 17 l’an dernier réparties ainsi :

Boué chez J.-P. Quirion en Loire-Atlantique novembre
Theix, au Petit Café dans la Prairie au Gorvello vendredi 2 novembre
Riantec à Groac’h-Carnec jeudi 8 novembre
Nantes, au bar Mon Oncle (L.–Atl.) samedi 10 novembre
Grange aux Contes à Meslan vendredi 23 novembre
Savenay, au Gusto Café (L.-Atl.) samedi 10 novembre
Savenay maison de retraite les Tilleuls (L.-Atl.) jeudi 15 novembre
Saint-Herblain, Kentelioù an noz (L.-Atl.) vendredi 16 novembre
Saffré Pouëv et Seu (L.-Atl.) dimanche 18 novembre
Herbignac Taverne de Ranrouët (L.-Atl.) vendredi 23 novembre
Guénouvry, Chez Dédée (L.-Atl.) dimanche 25 novembre
Chez Yvonig Coquin et Béa jeudi 29 novembre
Conteurs du Golfe vendredi 30 novembre
Emglev Vannes vendredi 30 novembre
Assoc. Conteurs St-Pierre Quiberon novembre

Pas grave, bien sûr, cette légère diminution du nombre de nos veillées – encore que l’on aimerait plus de répondant sur l’ensemble de la Bretagne – quand on sait que le bonheur d’être ensemble qui s’en dégage donne vraiment chaud au cœur !

mamm soaz

Bro Nevez (revue des bretons des USA) de décembre 2018 disponible en ligne

Bro Nevez est une revue en anglais donnant des informations sur la vie culturelle en Bretagne (Newsletter of the U.S. branch / International Committee for the Defense of the Breton Language).

Elle est réalisée par Lois Kuter, titulaire du collier de l’Hermine depuis 1995 en remerciement de son engagement pour la Bretagne, sa langue et sa culture. Une action qui est toujours d’actualité !

Pour consulter le numéro de décembre 2018 : cliquez ici.

Les anciens numéros sont consultables à cette adresse.

L’appel de Marseille pour les libertés locales

Par Paul MOLAC :

J’ai assisté cette année au Congrès des régions de France, pour lequel j’étais d’ailleurs invité en tant qu’intervenant pour une table ronde sur les politiques en faveur des langues régionales. Ce grand rassemblement a été notamment l’occasion pour les trois principales associations d’élus en France (régions, départements, communes) de lancer un appel au Gouvernement pour une véritable politique en faveur de la décentralisation et des libertés locales. Je partage avec vous dans le lien ci-dessous cet appel que je soutiens. J’en ai aussi profité pour défendre les militants occitans qui ne souhaitent pas voir la Région Provence Alpes Côte d’Azur renommée “Région sud” mais tout simplement “Provence”.

Les Maires, les Présidents de Région et de Département ont lancé mercredi 26 septembre un appel solennel pour une relance de la décentralisation, lors du Premier Rassemblement des élus pour les libertés locales, conclu par le Président du Sénat Gérard Larcher. Ce Rassemblement inédit s’est tenu à la veille du 14e Congrès des Régions au Palais du Pharo à Marseille. Voici le texte de la déclaration de Marseille :

“Nous, élus de la République, unis dans la diversité de nos histoires et de nos sensibilités politiques, lançons aujourd’hui à Marseille un appel solennel pour les Libertés locales et constituons une association nous réunissant : les Territoires unis.

“Au moment où les peuples grondent, partout en Europe, contre leurs classes dirigeantes, où la capacité du Gouvernement à réformer le pays est mise en doute par les Français, la République des territoires, elle, n’a toujours pas été tentée en France.

“Tous les défis d’avenir de notre pays, qu’il s’agisse de la transition énergétique et écologique, de la recherche d’un nouveau modèle agricole ou encore de la réindustrialisation de notre pays par les Petites et Moyennes Entreprises (PME) et les Entreprise de Taille Intermédiaire (ETI) supposent un puissant mouvement de décentralisation. C’est la force de tous nos voisins européens. C’est également au plus près du terrain, que se mènent au quotidien, avec nos collectivités et nos associations, la bataille contre la pauvreté, l’accompagnement des personnes les plus vulnérables, notamment handicapées, ou encore l’accès au logement et à la culture.

Notre pays meurt à petits feux de son ultra-centralisation. Que l’on ne s’y trompe pas, nous sommes d’authentiques républicains attachés à l’unité de notre pays, à ses institutions, mais nous ne pouvons plus accepter la prise de pouvoir et le mépris de plus en plus flagrant d’une technocratie, enfermée dans ses certitudes et coupée de nos territoires et de nos vies.

L’avenir de la France ne peut se résumer à quelques métropoles. Comme le disait Gaston Defferre, « la France est dans nos villes, dans nos villages. Elle aspire à tenir sa place, à être considérée, à jouer son rôle, à choisir son destin. Il est injuste et dangereux de la maintenir sous le boisseau, de l’empêcher de s’exprimer, de décider pour elle-même ».

Au plus près du terrain, des élus colmatent les fractures de notre pays, portent l’essentiel de l’innovation et de l’investissement publics, maintiennent une qualité de vie et répondent avec toujours moins de moyens aux préoccupations quotidiennes de nos concitoyens. Le nombre inégalé de démissions de ces serviteurs désintéressés de notre pays doit aujourd’hui tous nous alerter.  Il est temps d’entendre leur demande de considération et de faire cesser les causes de leur découragement.

Loin d’être une quelconque menace pour la République, la décentralisation en est une des chances. Ce qui la mine, c’est l’ultra-concentration parisienne, ce sont les promesses non tenues d’un Etat thrombosé, c’est l’impression que l’avis des territoires ne compte pas, que les élus locaux sont vaguement consultés mais jamais écoutés.

Loin d’être un risque pour l’égalité, la décentralisation en est au contraire l’un des vecteurs modernes. Comment croire qu’une application réglementaire égalitaire et sans nuance à des territoires si divers pourrait encore, comme jadis, être juste ?

Loin d’être un poids pour la performance de notre économie, la décentralisation est le modèle qui permet de rapprocher décisions et investissements des vrais besoins.

Loin d’être un boulet pour les finances publiques, la décentralisation est la condition de la réforme de l’Etat, en supprimant les doublons qui ralentissent le temps de l’action publique.

Nous, élus de la République, appelons à l’avènement d’une nouvelle étape de la décentralisation : les libertés locales.

Les libertés locales, c’est d’abord un Etat respectueux des collectivités territoriales et de ses élus.Nous ne sommes pas des opérateurs de l’Etat mais des élus du suffrage universel. Tous les leviers de transformation de la France reposent sur des compétences partagées Etat/collectivités (développement  économique, transition écologique et énergétique, action sociale, mobilités, santé, éducation, numérique, formation, petite enfance…). Nous demandons un agenda partagé de réformes.

Les libertés locales, c’est le choix de l’innovation, du pragmatisme, et du bon sens, par la différenciation. C’est laisser les collectivités expérimenter. Pourquoi nos propositions pour coordonner les politiques de l’emploi, pour remettre à niveau les routes nationales ont-elles été balayées d’un revers de main ? La réforme constitutionnelle doit nous remettre sur le chemin de la République décentralisée.

Les libertés locales, c’est ensuite une concertation sincère entre l’Etat et les Collectivités.  La Conférence nationale des territoires qui n’était qu’un lieu de concertation formelle où l’Etat et les collectivités locales constataient leurs désaccords, est un échec. Il faut désormais inventer l’outil efficace du dialogue et de la négociation.

Les libertés locales, c’est le respect par l’Etat de ses engagements contractuels et de sa signature : la remise en cause des contrats de plan Etat-Régions, le transfert de charges sur les Départements de près de 11 milliards d’euros sur les allocations individuelles de solidarité et les mineurs non accompagnés, l’avalanche de normes et de réglementations sur les communes doivent cesser.

Les libertés locales, c’est la participation équitable de l’Etat aux côtés des collectivités au redressement des comptes publics : d’ici 2022 les collectivités locales vont contribuer à un désendettement de la France à hauteur de 50 milliards, alors que l’État va accroître l’endettement du pays de 330 milliards d’euros. A quand la réforme de l’Etat ?

Les libertés locales, ce n’est pas l’affaire réservée des élus locaux, des Communes, des Départements et des Régions, elle est celle des citoyens, l’affaire de la France, de son avenir et de sa démocratie. C’est un mouvement de tous les territoires unis pour une République décentralisée !

François BAROIN, Président de l’AMF

Dominique BUSSEREAU, Président de l’ADF,

Hervé MORIN, Président de Régions de France