Archives de catégorie : Littérature écrite

Jeudis de l’Hermine : Conférence à BLAIN le 8 novembre 2018

Dans le cadre des « Jeudis de l’Hermine » de Skol-Uhel ar Vro,

Conférence le jeudi 8 novembre à 20h. 30,
Centre Henry DUNANT – BLAIN,
par Yann Duchet.

Rigantoná – Rhiannon – Riwannon :

La Souveraineté féminine
dans les récits d’origine brittonique.

C’est de la Souveraineté -Flaíth- dont nous allons parler ici, en tant que femme, en tant que reine pacifique: *Rigantoná des anciens Celtes – Rhiannon des légendes de Galles et certainement notre Riwannon, mère de Saint-Hervé. Elle est parente et semblable à, mais cependant différente, d’autres déesses celtes (Brigantia/Ana/Mórrigan) et indo-européennes (Dêví/Śaktí). Même si nous savons bien qu’elles ne sont, en dernière analyse, que l’unique déesse, sous trois aspects, trois fonctions et trois niveaux différents dans « l’idéologie tripartie » dumézilienne (Le Roux – Guyonvarc’h).

Nous chercherons ici à tirer profit d’études, ou de traductions, déjà publiées, afin de définir un cadre autour de la souveraineté comme femme/reine; entre un roi -*Ri- vieux et impuissant, injuste, cruel et lâche et, par conséquent, inapte à régner; un héros -Nia (niz/neveu)- trop jeune, trop intrépide, trop droit pour bien tenir le royaume et « posséder » la souveraineté, mettant ainsi la société entière en péril. Tout ceci en liaison constante, bien-sûr, avec l’Autre-Monde ou Ordre Cosmique.

Nous nous proposerons d’étudier les traces restantes de ce schéma structurel dans notre plus ancienne littérature: la littérature d’origine brittonique, qu’elle soit en breton, en ancien gallois, ou encore en français médiéval (anglo-normand). Souvenons-nous encore que cette littérature écrite n’est, le plus souvent, que la trace d’une tradition bien plus ancienne, issue de notre « littérature orale » presque disparue.

Marina Dédéyan : « Tant que se dresseront les pierres »

Marina Dédéyan : « Tant que se dresseront les pierres »

Je ne suis pas lecteur de roman !

Et je n’ai commencé à le lire cet ouvrage que par politesse vis-à-vis d’un éditeur (ou de l’auteure) qui avait envoyé à l’Institut culturel de Bretagne un service de presse…  et aussi car le sujet m’intéressait… avec une pointe de suspicion : un roman historique sur la Bretagne pendant la dernière guerre… On pouvait s’attendre à tout !

Et plus je suis rentré dans ce livre plus il m’a conquis !

Un roman… peut-être ?

Mais un roman intelligent et honnête,

qui donne la parole aux différents belligérants, qui ne juge pas cette époque avec nos yeux et nos références de lecteurs d’aujourd’hui, de lecteurs qui connaissent la fin de l’histoire, formatés qu’ils sont par 73 ans d’instrumentalisation politique de cette Histoire.

qui montre, y compris dans une même famille, les choix divergents d’êtres aussi sincères les uns que les autres, tous aussi déboussolés les uns que les autres par un contexte qui les dépasse, les aveugle, exacerbe les convictions, pousse aux choix ultimes qui leur semblent les seuls possibles.

qui montre que rien n’est binaire. Bons ou méchants ! Héros ou bandits ! Idéalistes ou traîtres ! Résistants ou terroristes ! Patriotes ou collaborateurs ! Qui montre que dans cette furie meurtrière les vrais coupables ne sont pas les victimes qui sont embarquées dans telle ou telle option mais les systèmes totalitaires et fondamentalement anti-démocratiques et irrespectueux des droits humains, qu’ils s’appellent jacobinisme français, états-nations belliqueux, bolchevisme, ou nazisme !

Un problème toujours d’actualité

Un roman sensible,

qui n’apprend rien sur plan historique à ceux qui ne sont pas contentés du catéchisme politiquement correct qui nous est servi depuis la « libération » mais qui nous fait vivre de l’intérieur le quotidien de doutes, de craintes, de colères, de peines, d’humiliations ou d’espoirs… Un ouvrage qui pose aussi la question de la transmission ou des non-dits d’une génération à l’autre… Un questionnement qui vous cueille, sans prévenir, implacablement !

Un roman ?

Mais un roman bien documenté et qui, mieux qu’un livre d’histoire, transmet l’histoire des mentalités, les raisons des actes et non seulement leurs résultats, les sentiments et non uniquement la rigueur trompeuse des seules sources écrites. Une documentation plus « historique » que bien des ouvrages qui s’autoproclament comme tel (sans même parler de ceux qui ne sont que des pamphlets partisans) et qui donne à l’ensemble une crédibilité qui contribue au drame et à l’émotion.

Un roman avec une belle écriture au service de l’expression des ressentis.

Un roman que je ne vous résumerai pas. Mieux vaut le lire !

Patrick Malrieu

«Marie-Étienne PELTIER, capitaine corsaire de la République», le nouveau livre de Tugdual de LANGLAIS

Tugdual de LANGLAIS entraine ses lecteurs une nouvelle fois dans le monde maritime. Après la vie de L’armateur préféré de Beaumarchais, Jean Peltier Dudoyer, celui qui a aidé au transport de l’aide aux Insurgents américains et mené une vie passionnante jusque dans l’Océan Indien.

Dans ce nouveau récit, l’auteur nous fait suivre les aventures du fils de Jean Peltier, Marie-Étienne, capitaine au long cours, qui va devenir capitaine corsaire pendant la Révolution française.

Les Anglais seront ses premières prises et le hasard lui fera capturer un navire américain qui l’a agressé. Il se trouve ainsi être une des causes de la déclaration de la « Quasi-War » (Quasi-guerre) entre la France et le pays dont son père avait soutenu l’indépendance, les États-Unis.

Capturé lui-même plusieurs fois par les Anglais, il rentre toujours rapidement en France, sans doute grâce à son frère Jean-Gabriel, journaliste contre-révolutionnaire qui travaillait pour le Foreign Office à Londres… et représentait le premier roi d’Haïti auprès de Georges III d’Angleterre ! Période difficile à vivre, où les familles sont divisées.

La course le mènera dans l’Océan Atlantique Sud et à Saint-Domingue. Son goût de l’aventure lui fera rejoindre ensuite l’Océan Indien, comme son père, et même les Indes danoises. Madagascar verra la fin de cette vie passionnante.

Tugdual de Langlais, qui a vécu quelques années à Madagascar, est allé pour ses recherches en Angleterre, en Hollande, aux Canaries, aux Antilles, au Cap de Bonne-Espérance, à l’île de la Réunion, et à plusieurs reprises à l’Île Maurice. Il nous offre ici une recherche particulièrement bien documentée.

Patrick VILLIERS

Ce livre fait   240 pages, avec des illustrations en couleurs, édité chez Coiffard à Nantes, au prix de vente public de 27,50 €uros.